Le stade 4 existe.
Un espace pour parler du cancer du sein métastatique — la face de la maladie dont on ne parle presque jamais.
Au Canada, une femme meurt d'un cancer du sein métastatique. Pourtant, la moitié des Canadiens n'ont jamais entendu parler du stade 4.
Qu'est-ce que le stade 4?
Le cancer du sein métastatique, aussi appelé stade 4, est la forme la plus avancée du cancer du sein. Il survient lorsque les cellules cancéreuses se sont propagées au-delà du sein et des ganglions lymphatiques vers d'autres parties du corps, comme les os, le foie, les poumons ou le cerveau.
Le cancer du sein métastatique peut être diagnostiqué dès le départ — on parle alors de cancer métastatique d'emblée — ou apparaître des mois, voire des années après un premier diagnostic de cancer du sein à un stade précoce.
Bien que les traitements permettent souvent de contrôler la maladie pendant de longues périodes, il n'existe actuellement pas de traitement qui permette de la guérir. L'objectif des traitements est de ralentir la progression du cancer, de soulager les symptômes, de préserver la qualité de vie et, lorsque possible, de prolonger la survie.
Les personnes vivant avec un cancer du sein métastatique suivent généralement des traitements de façon continue, qui peuvent être adaptés au fil du temps selon l'évolution de la maladie.
Mieux comprendre le stade 4 est une première étape pour lutter contre les préjugés, favoriser un meilleur soutien et encourager la recherche vers de nouveaux traitements.
Le stade 4, c'est une réalité avec laquelle des milliers de personnes vivent chaque jour. C'est pourquoi il est essentiel d'en parler.
Le sous-financement de la recherche
Le cancer du sein métastatique est responsable de la presque totalité des décès liés au cancer du sein. Pourtant, la recherche qui lui est consacrée demeure insuffisante.
Pendant des années, les investissements ont surtout permis d'améliorer le dépistage et les traitements des cancers du sein à un stade précoce. Ces progrès sont essentiels, mais les personnes vivant avec un cancer du sein métastatique ont elles aussi besoin d'espoir.
Investir davantage dans la recherche sur le stade 4, c'est développer de nouveaux traitements, mieux comprendre pourquoi la maladie progresse, améliorer la qualité de vie et, un jour, permettre à davantage de personnes de vivre plus longtemps.
Entre 2000 et 2013, seulement 7 % des fonds de recherche sur le cancer du sein étaient consacrés au cancer du sein métastatique. Aujourd'hui, cette proportion est passée à environ 13 % — mais elle reste largement insuffisante.
Metastatic Breast Cancer AllianceLe stade 4 existe. Il mérite d'être vu, reconnu… et financé.
Une réalité encore trop invisible
Au Québec, nous savons combien de personnes meurent du cancer du sein chaque année. Pourtant, nous savons beaucoup moins combien vivent avec un cancer du sein métastatique.
Des milliers de personnes vivent avec cette maladie, sous traitement, dans l'incertitude, jour après jour, mois après mois.
Sans données complètes, il est difficile de bien comprendre la réalité du stade 4, d'améliorer les soins, de planifier les ressources et de faire progresser la recherche.
Le Registre québécois du cancer du sein métastatique, lancé en 2021, représente une avancée importante. Ce projet pilote est une première étape essentielle pour mieux documenter la maladie, orienter les décisions et soutenir le développement de nouveaux traitements.
Ressource Registre québécois du cancer du sein métastatique registrecancersein.orgCependant, il n'existe toujours aucun registre national au Canada. Tant que les personnes vivant avec un cancer du sein métastatique ne seront pas pleinement comptabilisées, leur réalité demeurera en partie invisible.
Un accès plus rapide aux traitements innovants
Pour les personnes vivant avec un cancer du sein métastatique, le temps est précieux. Chaque nouveau traitement peut représenter une possibilité de prolonger la vie, de mieux contrôler la maladie et de préserver la qualité de vie.
En Ontario, le programme pilote FAST permet d'accélérer le financement public de certains médicaments anticancéreux prioritaires, afin que des patients admissibles puissent y avoir accès jusqu'à un an plus tôt.
Au Québec, l'accès aux nouveaux traitements peut nécessiter des démarches de remboursement particulières, ce qui peut entraîner des délais pour certaines personnes.
Il est temps que le Québec mette en place un mécanisme d'accès accéléré aux traitements innovants contre le cancer, afin que les personnes vivant avec un cancer de stade 4 ne soient pas pénalisées par l'attente.
Parce qu'avec un cancer métastatique, le temps n'est pas un détail. Le temps, c'est une chance.
Une question, un témoignage, une collaboration ? Écrivez-nous.
contact@lestade4existe.ca